PICTURE’S BOOK MEMORIES OF ICELAND

Rien ne vous prépare à l’Islande. Elle vole votre cœur en quelques heures. Une apaisante palette de gris, d’argent, de bleus et de verts. Des tapis de mousses couvrant d’immenses champs de lave, des plages dramatiques de sable noir brossées par l’écume blanche de vagues puissantes. Ses routes slalomant qui subitement vous laissent découvrir une vue à couper le souffle, et ce si fréquemment que jamais un trajet en voiture ne sera lassant. Des centaines de cascades et de petits villages de pêcheurs qui sont de véritables musées pittoresques. L’aventure est à chaque kilomètre avalé, sûrement due à l’immensité de ses paysages, sa peau volcanique façonnée par le temps et ses territoires géothermiques fumants et bouillonnants qui la rendent si vivante. J’aime la sensation de paix qui se dégage de ces terres, cette reconnexion avec la nature. Une rencontre de seulement quelques jours avec elle vous rendra amoureux pour la vie. Je compte les jours jusqu’à notre prochaine rencontre.

Un chemin semblant mener nulle part fuit dans l’immensité noire d’un désert volcanique. Le regard se perd sur des horizons lunaires, cherchant la raison qui nous poussa à nous lever si tôt cette nuit. Nous avons tant entendu parler de lui qu’il nous est déjà familier. Au bout d’une marche escortée par cette ambiance de fin du monde si particulière à l’Islande, une première retrouvaille. De rares échanges, des phrases courtes, nous sommes trop occupés à deviner sa silhouette parmi les rochers qui, au loin, narguent notre impatience. L’expédition en devient interminable quand soudain, au milieu de tout, posé sur du sable noir, il est là, dressé devant nous.

Fascinante, déroutante, tellement belle dans sa longue robe noir, la plage de Vík vous capture et vous captive en même temps. De puissante vagues déchirées par d’immenses aiguilles de lave tentent d’avale quiconque voudrait les défier. Ce contraste d’insécurité amplifie l’atmosphère si oppressante mais tellement pure et régénératrice qui règne sur la côte. Traîner, paresser, retarder le moment du départ tant une connexion avec ces forces s’opère. Vík ne peut être un adieu mais seulement un au revoir.

Nous traversons des ports figés dans le temps, vides de toute présence humaine, comme si la mer n’avait pas encore lancé son appel. L’eau calme reflète l’image des montagnes, rappelant qu’elles sont si proches, prêtes à affronter le martèlement violent des vagues. Un vieux chalutier gisait là, sur le port, offrant ses entrailles à nos envies d’exploration. En parcourant ses ponts nous sommes transportés dans le passé. La vie qui habitait sa cale résonne encore autour de nous, qui prenons alors conscience qu’être marin représentait tant de courage.

D’une beauté saisissante, la lagune glaciaire s’orne, telle une dame au décolleté généreux, de sa parure glacée la plus majestueuse, déversant sur la plage volcanique un flot de mille diamants. Les cascades ici ne sont pas de simples chutes d’eau. Ce sont de véritables trésors. Chacune possède son histoire, sa légende qui l’habite, son allure et sa grâce qui lui est propre. Et si vous avez une âme d’aventurier, certaines vous permettront de les traverser afin d’y découvrir peut-être un trésor viking abandonné.

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